L’Association Serment Universel (ASU) a été créée le 2 octobre 1998 par Julien MAKAYA et Dominique MBIOBOU. Sa vision est de créer un environnement social où la dimension psychologique de l’homme est prise en compte dans le dispositif de prise en charge humanitaire et médico-sociale au Congo.
Les activités de l’ASU ont été déployées dans cinq (5) Départements du Congo. Celles -ci ont débuté après sa création à Brazzaville avant de connaitre une extension à Pointe-Noire en 2007, à Dolisie dans le Niari en 2011, à Madingou et Nkayi dans la Bouenza et à Owando dans la Cuvette centrale en 2012.
Grâce à l’appui des partenaires techniques et financiers, l’ASU a déployé des activités dans le cadre des projets de lutte contre le SIDA, la drogue, les hépatites, la drépanocytose, les violences sexuelles, la protection de l’enfance en situation de rue, l’ingénierie sociale, etc. Après 2018, des thématiques nouvelles ont été introduites comme la Tuberculose, le paludisme et la Covid-19. Les perspectives de l’ASU pour le quinquennat à venir s’articulent autour des problématiques ci-dessous énumérées :
- la lutte contre la drépanocytose ;
- la protection des personnes de troisième âge ;
- la formation des futurs cadres de l’ASU ;
- l’autonomisation de l’ASU.
En ce qui concerne la lutte contre le VIH, les activités réalisées avaient deux volets : la prévention et la prise en charge.
Au total, 7932 PVVIH dont 2525 enfants et adolescents, 1145 femmes enceintes ou allaitantes, 4262 adultes ont bénéficié de la prise en charge globale par l’ASU depuis sa création.
L’ASU était fortement impliquée dans les actions de plaidoyer à travers la conception et la diffusion en 2006 du documentaire « impact psychosocial du VIH dans la vie des familles congolaises » en vue d’obtenir la gratuité des ARV et des examens biologiques liés au VIH, gratuité décrétée en 2007.
L’ASU dispose d’un CMS à Dolisie créé en mars 2012. Ce CMS réalise la prise en charge médico-psychologique gratuite des PVVIH et les consultations curatives externes et hospitalisations du jour à moindres couts, au profit du grand public. Ce CMS est reconnu par le PNLS comme un centre de dépistage et de dispensation des ARV.
À Brazzaville en décembre 2022, après appel à manifestation d’intérêt, l’ASU a été sélectionnée par le PNLS pour l’animation du PODI pilote de Brazzaville implanté dans l’enceinte CHU de Brazzaville. Ce PODI animé par un personnel non médical, permet de décongestionner le CTA de Brazzaville à travers certaines activités comme le dépistage communautaire d’une part, et la dispensation des ARV, la promotion de la prévention de la tuberculose et de la réalisation des charges virales en faveur des PVVIH stables référées par le CTA d’autre part.
L’un des points importants a été la prise en compte spécifique de l’enfant et de l’adolescent infectés par le VIH comme entités à part entière en marge des adultes, et la rédaction du guide pour la prise en charge psychologique des PVVIH.
Les activités de prévention, quant à elles, ont été réalisées grâce aux campagnes de sensibilisation au sein des communautés et le projet Ligne Jaune caractérisé par l’utilisation du téléphone mobile. De 2007 à 2022, la Ligne Jaune a reçu 1.293.480 appels soit une moyenne de 86.232 par an et 7186 par mois. Signalons que la Ligne Jaune a eu à intervenir sur les thématiques comme l’infection à VIH, le paludisme, la Tuberculose, la Covid-19, les Violences basées sur le Genre, les Hépatites et les Infections Sexuellement Transmissibles.
Pour la lutte contre les violences sexuelles, il ressort que ces violences sont un problème de société au Congo. Dans le cadre de sa réponse, l’ASU, sur ses fonds propres, avait commencé à organiser des campagnes d’IEC et des interventions de prise en charge à Brazzaville, Dolisie, Nkayi, Madingou et Owando. La Ligne Jaune qui a une couverture nationale, a été également mise à contribution pour aborder les questions liées à cette problématique. À partir de 2017, l’ASU a réussi à mobiliser un financement triennal de la Fondation de France pour la lutte contre les violences sexuelles à Dolisie. Ce projet est basé sur les sensibilisations, la prise en charge médicale, psychologique, sociale, économique et juridique des victimes de violences sexuelles. Grâce aux résultats obtenus à Dolisie, une extension de ce projet a été faite à Nkayi en 2018. 19.758 personnes ont été couvertes par les sensibilisations de masse et 4251 victimes de violences ont été prises en charge.
Pour la lutte contre la drogue, le souci était de préserver les jeunes des effets de la drogue à travers un programme de prévention communautaire mis en place depuis 2004. Ce projet visait la sensibilisation des communautés et des jeunes scolarisés sur les méfaits des drogues. Au total 23231 personnes ont été sensibilisées dans les établissements scolaires. 7 clubs antidrogues ont été mis en place dans les quartiers de Brazzaville pour 21 pairs éducateurs formés. 12 établissements scolaires de Brazzaville ont eu à abriter chacun un club antidrogue pour 46 pairs-éducateurs formés.
Pour la protection de l’enfance en situation de rue, l’ASU est le membre du REIPER qui dispose de l’expertise dans la prise en charge psychologique. Sa mission est la réhabilitation psychologique de l’enfant en situation de rue et de la préparation des familles avant la réunification familiale. Il se dégage qu’une réunification mal préparée est vouée à l’échec ; car les enfants finissent par repartir dans la rue ou n’arrivent pas à s’adapter au sein de leurs familles. Cette réhabilitation est un besoin exprimé par les autres structures membres du REIPER qui ne disposent pas de moyens pour payer les services d’un psychologue. 542 enfants réhabilités sur le plan psychologique. 147 réunifications familiales réalisées.
Pour l’ingénierie sociale, l’ASU a été désignée par le SEP/CNLS comme organisation de référence dans la formation des intervenants (institutionnels et communautaires) impliqués dans la pratique du conseil de dépistage du VIH et dans les actions de prise en charge psychologique des PVVIH au Congo. 602 prestataires ont été formés.
Pour sa politique d’acquisition et de gestion de ses immobilisations, l’ASU a mis en place une stratégie d’acquisition portant sur les achats, les dons et les legs grâce à l’apport de ses partenaires financiers et des contributions statutaires et volontaires de ses membres. Les équipements acquis sont inventoriés périodiquement. Pour leur maintenance, des procédures de gestion sont codifiées dans son manuel de procédures en vue de prolonger leur cycle de vie.
En ce qui concerne la gestion des ressources humaines, les effectifs des prestataires de l’ASU ont évolué progressivement au rythme des projets. Le pic a été atteint en 2016 avec la note conceptuelle unique financée par le Fond Mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme avec un effectif de 78 employés dont 52% de femmes. L’ASU a mis en place une politique d’enrôlement, de formation, de stage pratique des jeunes en fin d’études académiques pour acquérir une expérience professionnelle souvent exigée lors de la recherche d’emploi et de les utiliser dans les différents services techniques et administratifs de l’ASU.
Pour les finances, les stratégies de mobilisation de ressources ont été essentiellement la réponse aux appels à projets. Toutefois, certains projets ont été réalisés sur proposition des partenaires financiers qui ont d’office identifié et contacté l’ASU sur la base de son expertise pour la signature d’une convention en vue de la mise en œuvre d’un projet spécifique.
Pour les perspectives, l’ASU s’aligne sur les prescrits de son cadre stratégique quinquennal 2024-2028 qui met un accent particulier sur les activités hors VIH ; principalement la lutte contre la drépanocytose, la prise en charge des personnes du troisième âge, ainsi que la formation des jeunes cadres qui animeront la structure au cours des prochaines décennies.