Description du projet
Ce projet intitulé « Prise en charge holistique du Sida pédiatrique et d'autres pathologies graves négligées chez les enfants de 0 à 5 ans en République du Congo (Projet "TOBIKISSA MWANA") » financé par Expertise France, porté par l’Association Serment Universel, sera mis en œuvre par Avenir Positif à Pointe-Noire et l’Antenne de Serment Universel Brazzaville en qualité de partenaires de mise en œuvre. A ces partenaires de mise en œuvre, seront associées les différentes parties prenantes détaillées dans le tableau 2 du présent formulaire.
Ce projet contribuera à la réduction de la morbi-mortalité chez les enfants de 0 à 5 ans, vivant en République du Congo. Il se propose d’assurer le dépistage et la prise en charge globale des enfants de 0 à 5 ans touchés par le VIH, la tuberculose, la drépanocytose et la malnutrition, à travers une expérience pilote menée dans cinq (5) formations sanitaires (FOSA) situées dans les trois principales villes de la République du Congo à savoir Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie.
En effet, il existe au Congo un sous dépistage massif des nourrissons et des enfants nés avec le VIH : alors que l’ONUSIDA estime que 1800 nouvelles infections sont survenues en 2023 chez les enfants de 0 à 14 ans (donc essentiellement des nourrissons contaminés par leur mère), la file active de l’ensemble des enfants vivant avec le VIH, âgés de 0 à 5 ans, suivis dans l’ensemble des sites de prise en charge du pays, s’élève seulement à 718 (soit moins de 40% de l’ensemble des nouvelles infections annuelles). La plupart de ces enfants décèdent avant d’être dépistés, sinon ils seraient tôt ou tard intégrés dans les sites de prise en charge. Les partenaires de mise en œuvre et les parties prenantes associées, réaliseront les activités de renforcement du dépistage du VIH chez les enfants de 0 à 5 ans selon trois approches :
- Le dépistage à l’initiative du soignant pour tous les enfants de 0 à 5 ans présentant des signes révélateurs de l’infection à VIH.
- Le dépistage de la fratrie des enfants vivant avec le VIH, en milieu de soins et dans les associations.
- Le dépistage des enfants de 0 à 5 ans nés des femmes professionnelles de sexe séropositives ou séro-ignorantes à travers leurs associations identitaires.
Pour le VIH, en dehors des tests de dépistage et des traitements ARV qui sont gratuits, les soins restent payants pour les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Pour la tuberculose, seuls les tests diagnostiques et les traitements antituberculeux sont pris en charge. Pour la drépanocytose, aucun soutien n’est assuré par l’Etat. Et pour la malnutrition, les intrants fournis par l’UNICEF sont très insuffisants par rapport aux besoins des formations sanitaires et la prise en charge souvent à la charge des parents.
Notons que près de la moitié de la population congolaise vit sous le seuil de l’extrême pauvreté . La Banque Mondiale estime à 46,8% l’incidence de la pauvreté. Cette réalité expose à la malnutrition les enfants touchés par les pathologies sus-indiquées et issus des familles extrêmement vulnérables. Le diagnostic de la tuberculose et de la drépanocytose est souvent retardé (absence d’accès à la radiographie pulmonaire ou aux tests de dépistage de la drépanocytose) et la qualité de la prise en charge est réduite, faute d’accès aux examens et aux traitements adaptés. Ainsi, les enfants de 0 à 5 ans, éligibles au projet, bénéficieront d’un appui à la prise en charge médicale (consultations médicales, subvention des examens de laboratoire et des médicaments pour les traitements) et la récupération nutritionnelle, afin de limiter leur décès. Des séances d’éducation nutritionnelles couplées aux ateliers culinaires sont prévues pour les parents. Le projet répondra donc à une carence majeure et permettra d’évaluer si la prise en charge de ces soins permet de réduire la mortalité et la morbidité associées à ces pathologies.
Les pathologies chroniques telles que le VIH et la drépanocytose ont une forte incidence psychologique en raison de la multiplication des épisodes de maladie et d’hospitalisation d’une part et, de la culpabilité des parents liée à la transmission de la maladie aux enfants. Cette réalité est aussi valable pour la tuberculose qui exige un traitement au long cours et des mécanismes de protection des autres enfants du ménage du risque de contamination. Les activités de soutien psychologique seront réalisées au bénéfice des enfants et de leurs parents rencontrant des difficultés psychologiques. Les parents bénéficieront également des séances d’aide à l’observance thérapeutique. Pour les enfants, il s’agira essentiellement des ateliers d’expression (jeux, danses, contes, dessins…).
Dans la stratégie de mise en œuvre du projet, les enfants répondant aux critères d’inclusion au projet et suivis dans les différentes FOSA de Brazzaville, de Dolisie et de Pointe-Noire autres que les parties prenantes, auront la possibilité de bénéficier des prestations du projet en s’inscrivant directement au niveau des associations partenaires de mise en œuvre.
Pour mener à bien les interventions du projet, il est prévu des sessions de renforcement des connaissances et compétences des soignants sur le dépistage des différentes pathologies concernées par le projet et les questions de genre.
La dimension genre sera prise en compte de façon transversale dans la mise en œuvre du projet. Des actions seront planifiées et réalisées pour réduire les inégalités du genre dans la mise en œuvre de ce projet et aussi de façon durable au-delà des 36 mois du projet. Cela, grâce : (i) à la sensibilisation des soignants sur la problématique du genre ; (ii) à la sensibilisation des familles sur les inégalités de genre lors des activités regroupant les parents. Dans le cadre du projet, l’appui du dispositif SOFIA sera sollicité pour doter le porteur du projet et Avenir positif d’une politique genre.
Le projet a aussi prévu des missions de supervisions formatives trimestrielles du porteur du projet à l’endroit des partenaires de mise en œuvre et des parties prenantes ; des réunions semestrielles du COPIL ; une évaluation à mi-parcours et un travail de capitalisation au terme du projet. Des supports de communication seront produits et diffusés. Dans toutes les communications sur ce projet, Expertise France sera mentionnée comme PTF du projet.